la_foire_aux_plantes

Mon petit coin de province n'a pas un grand passé intellectuel ou culturel. Pour les festivals et les manifestation de haut-niveau, il faut descendre plus au sud. Les fêtes d'ici ont souvent été inventées par les réfugiés écolo-baba des années 70, qui ont bien secoué le département.Sans eux, en été, il ne se passerait rien. Dans ce village, il reste un (1) lavandiculteur, et une PME spécialiste des arômes industriels. D'où la foire aux plantes.

Juillet, c'est bien pour les touristes, mais il n'y a pas pire pour les plantes. Le soleil a tout brûlé. Fautes de plantes, les stands proposent de l'essence de lavande, de l'artisanat local et équitable, des brûleurs de parfums...Ceux que je vois dans tous les marchés, dans toutes les fêtes de village que je couvre. Je n'en peux plus, de la lavande et des huiles essentielles.

Heureusement, un pépinièriste d'un autre département (plus frais et en altitude) s'est dévoué. Il a amené une cargaison de plantes aromatiques et plantes de jardin oubliées, sa spécialité. C'est grâce à lui que j'ai découvert l'herbe de la rue.

Qu'est-ce que l'herbe de la rue? C'est une plante sauvage cultivée depuis le Moyen-âge et réputée pour ses propriétés abortives. Oui, abortives. C'était la plante des faiseuses d'anges. Elle faisait partie des jardins médicinaux pour d'autres propriétés curatives (à très faible doses), mais son intérêt majeur, c'est ça. Alors, la pillule abortive moderne aurait-elle été appelée RU en référence à cette plante? Voilà un sujet d'enquête! Elle a une tête de mauvaise herbe (normal) et les deux touristes du Pas de Calais qui écoutaient l'exposé du pépiniériste ont failli en acheter un pied, et puis non. C'est pourtant un bon sujet de conversation, entre jardiniers amateurs.

Je n'ai pas parlé de l'herbe de la rue dans mon compte-rendu de la foire aux plantes. Mon journal a été fondé par un chanoine et est l'organe presque officiel de l'église catholique dans le département.