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Mon village n'a plus de poste. Comme l'Etat n'a plus de sous, les services publics se font la malle. On le sent très fort à la campagne: trains, bus, postes, perceptions, Crédit Agricole, gendarmeries disparaissent un à un. Il y a bien sûr eu des protestations, mais pas plus que ça. La mairie et les services de la poste ont proposé en remplacement un "point-poste", dans la supérette du village. Il va ouvrir dans quelques jours.

Je passe voir le gérant de la supérette. Ce jour-là, lui et ses caissières ont reçu du receveur principal une formation de deux heures aux tarifs postaux, recommandés, etc. On pourra retirer des colis, et même un peu d'argent, avec un chèque CCP. Un point-poste roulant, avec le logo jaune de la poste, a été livré. Il me fait penser au coffret-jeu de postière, avec tampons et timbres, que j'avais reçu à Noel. J'adorais ce jeu.

Je demande combien le magasin va être remunéré pour offrir ce service supplémentaire. A ma grande surprise, il me le dit. Une misère : 250 € par mois. J'espère sincèrement que les caissières vont en avoir une part sur leur fiche de paie car leurs journées risquent d'être très remplies, à cumuler plusieurs fonctions. Elles ne s'inquiètent pas de ce détail. Ils sont transparents par ici, et peu revendicatifs. La terreur du chômage est telle que tout, absolument tout, passe.

Le gérant souligne que, grâce à eux,  le service postal sera assuré soixante-dix heures par semaine, dimanche matin compris, pendant toutes les plages d'ouverture de la supérette. La Poste n'a jamais offert ça. Et vive le libéralisme.