01 août 2005
Le jour où je me suis accrochée avec le député-maire
La "studette" pour étudiant ou personne âgée...
L'invitation est tombée la veille: le député-maire invite la presse à visiter l'immeuble rénové de la rue machin. Pourquoi toujours le samedi? Parce que le reste du temps, l'édile est à Paris.
Je suis en retard. A l'adresse indiquée, dans un vieil immeuble triste de la rue principale, j'entends la voix du maire aux étages supérieurs. Je monte jusqu'à un trois-pièces où m'attend un spectacle étrange. Une jeune femme s'occupe de son bébé, dans un salon en très grand désordre, entourée du député-maire, des deux correspondant locaux des journaux concurrents,et d'un inconnu. La presse locale, carnet de notes en main, prend quelques photos de la chaîne stéréo et du canapé.
De quoi s'agit-il? C'est le lieu du rendez-vous. Le nouveau propriétaire de l'immeuble veut nous faire visiter, en compagnie du maire, un ancien immeuble de la ville qu'il vient de transformer en appartements locatifs. La jeune femme est une nouvelle locataire. Elle n'a rien à voir avec cette histoire. C'était juste plus commode d'accueillir tout le monde dans un appartement déjà occupé. Manquent pas d'air...La locataire s'en fiche. Nous sommes transparents pour elle.
La vraie visite débute. C'est une horreur. Qui peut vivre dans un de ces appartements minuscules, donnant sur un mur, avec d'épais barreaux rouillés au fenêtre? "Des étudiants, des personnes âgées qui veulent bénéficier des commodités de la ville", dit le promoteur. Il vante les mérites de son placard à balais, 10 m2 cuisinette comprise, sans toilettes (sur le palier) repeint en jaune vif pour qu'un peu de couleur vienne éclairer cette tombe sombre et humide. En traversant le palier, nous découvrons un deux pièces, toujours aussi sombre (là, c'est la cheminée qui a été repeinte en jaune d'or, avec le fond du pot).
Clou de la visite: le "penthouse", où, à la place de la vue sur un mur, on jouit d'une vue sur la courette intérieure où s'épanouissent les poubelles de l'immeuble. Les barreaux des fenêtres sont monumentaux, un élément de décoration, presque, si on aime le genre métal gothique. Comment un appartement au cinquième étage, dans le Sud, peut-il être aussi sombre et froid? Mystère.
En redescendant les étages, je m'informe auprès du propriétaire. Il a effectué cette opération à titre d'investissement, pour sa retraite. Quel lien avec la vie communale? Aucun. Il connaît bien le maire, c'est tout. Ah, si...La ville manque de logements locatifs. C'est pour résoudre ce problème.
Dans la rue, je fais remarquer au maire sur le ton de la plaisanterie indulgente qu'il est quand même gonflé, de convoquer la presse pour promouvoir une opération immobilière privée. Alors là...Le vernis saute, et il pique une de ces crises pour lesquelles il est parait-il célèbre. Il parait que, plus jeune, il allait jusqu'à cracher sur ceux qui osaient lui déplaire. Qu'on lui a tiré dessus à la chevrotine pour lui régler son compte. Les participants s'écartent, un cercle prudent se forme autour de nous.
- Je trouve que vous avez une étrange manière de poser vos questions, et ce n'est pas la première fois que je me fais cette réflexion.
Je sais. Il n'a pas apprécié que je lui demande devant témoins le taux d'endettement de la commune. Vais-je être excommuniée? Je prends mon ton le plus digne et ma hauteur la plus parisienne pour lui signifier que je ne comprend pas la finalité de cette "visite de presse".
Le correspondant local du grand journal régional (toujours en shorts) s'interpose. Très doucement, comme s'il maniait du TNT, il m'explique que la fuite des habitants vers les pavillons avec jardins, dans d'autres communes, est l'un des gros problèmes de ce mandat. Que Monsieur le maire est donc bien bon de lutter contre ce problème en accueillant des investisseurs capables de "revitaliser" le centre-ville.
Cette intervention a calmé le maire. Visiblement, mes confrères savent le manier. Ils me regardent comme une inconsciente très irresponsable. A quoi ai-je échappé? Sous prétexte de prendre mes photos, je m'éloigne du groupe. L'aura de violence qui entoure cet élu n'est pas fabriquée. Je l'ai vu traiter les conseillers de l'opposition, en séance du conseil, avec un mépris odieux. Policé et souriant dans ses interviews télévisées, à l'Assemblée, il devient un tyran agité de tics dès qu'il monte dans le TGV. Les élus des communes environnantes le craignent. Les procès, les recours au conseil d'Etat, au tribunal administratif, peuvent pleuvoir pour une conduite d'égoût mal raccordée.
Régner par la terreur est efficace dans le coin. Une torpeur masochiste plane sur cette ville. Les citoyens se plaignent, mais le re-élisent sans faille. Les localiers le tutoient, mais ne pipent jamais mot, ne posent jamais aucune question, ne font jamais aucune enquête qui fâche. Caméras de surveillance à tous les carrefours, milice municipale, expulsion des associations culturelles, ingérence dans les programmes des écoles, rien ne les fait bouger. Le rapport de forces est trop inégal.
Impossible de vous faire une chute drôle. Le maire m'a transmis par mail toutes les délibérations du conseil relative à la vente de cet immeuble à l'investisseur. Il s'est peut-être dit qu'il fallait se méfier, que je connaissais peut-être des gens, à Paris.
02 août 2005
Tristes brocantes
Les vide-greniers et foires à la brocante font fureur à la campagne en ce moment. Les ruraux vivent un accès violent de chine. Dans les kermesses, dans les fêtes de village, sur le parking des super-marchés, à la fête du melon, les brocantes pullulent. Partout, on y voit les mêmes Playmobils dépareillés, des jeux-vidéos usagés, des chenêts affreux de cuivre neuf. Toute la tristesse d’un dimanche sur terre. Ces brocantes me sont quand même utiles: elles remplissent très vite la rubrique "Agenda" dans mes pages hebdomadaires. Dès que j'avise une affiche "brocante" collée aux panneaux des ronds-points ou sur un poteau électrique (c'est ça, la com, à la campagne), je m'arrête, je descends de voiture, et je prend l'affiche en photo.
C'est moins déprimant que de tout noter à la main.
03 août 2005
Suis-je snob?
Encore plus déprimant qu'une brocante: les marchés aux peintres. Les mêmes artisans-artistes (on va être gentil) effectuant leur circuit de l'été, les mêmes stands d'un village à l'autre. Les gouaches de lavandes à l'infini, les masques de cuir de la comedia dell'arte faits main...Heureusement, je n'ai jamais eu à faire d'article sur ces festivités. Les annoncer m'a suffit. Quoi? Je suis une Parisienne snob et arrogante? Il y a des moments où je préfère.
Je sais, la photo est floue et surexposée.
C'est mieux comme ça.
04 août 2005
Festival anonyme
La plus ratée des photos ratées pour couvrir mes traces
Mon secteur comporte un festival de jazz assez important, qui perdure depuis longtemps. Et soudain, tout change! Fini, les camping-cars et les vélo-touristes. Débarquent des festivalières élégantes, des immatriculations 75, des Belges, des cheveux longs, des piercings. 3000 spectateurs par concert. Plus moyen de se garer.
La presse locale passe en cinquième Des photographes professionnels déboulent. Je reçois une accréditation et un badge presse, sur un beau ruban bleu. J'ai le privilège d'accéder au "carré VIP et presse", sous une grande tente blanche, à gauche de la scène. Le mousseux y coule à flots, gratuitement (le producteur est le sponsor du festival). Là, je rigole quand même un peu. Sur une estrade, une batterie d'ordinateurs à connexion haut-débit où s'affairent les correspondant du grand journal régional. On se dirait dans le carré presse des Jeux Olympiques ou d'une séance plénière de l'ONU. Manque le camion satellite. Faut pas pousser.
Blague à part, grâce au badge presse, j'ai profité de sept concerts de haut niveau, j'ai pris une année d'avance sur les tendances du jazz, du blues, brésilien ou d'Europe de l'Est. Au prix d'on ne sait combien de sueur bénévole et d'accrochages avec les élus locaux, la vaillante organisatrice du Festival a réussi a imposer qualité et écclectisme dans une zone très agricole et réfractaires. C'est le sens du vrai courage
La fête a été un peu gâchée par la coquille (toujours pas de ma faute) qui s'est glissée dans l'interview du vice-président du festival. Manque de bol, c'était dans le paragraphe le plus délicat, celui concernant le déficit du festival. Depuis, il ne répond plus à mes mails.
J'ai fait de belles rencontres. Par exemple celle de Christian (photo), photographe spécialisé de concerts, bibliothèque vivante, qui a fait mon éducation jazz dans la salle de presse, autour des gobelets de mousseux. Des chorus-girls d'un groupe d'Afrique du Sud l'ont pris pour le père Noël et l'ont abondamment photographié. Et auss: l'universitaire fou de jazz qui a donné des conférences sur l'histoire du jazz dans le caveau d'un restaurant. La femme du producteur du documentaire tourné en live sur le festival. Le bénévole à l'entrée du carré VIP.
Après le festival, j'ai connu un moment de flottement. Soudain, les fêtes du melon n'avait plus de goût pour la localière.
05 août 2005
Au pays des chèvres
La chèvre, venue décorer un festival de fanfares, avait soif. Pas de problèmes: le bar lui a servi une écuelle d'eau au pied du zinc.
08 août 2005
Jazz sous les platanes
Encore un moment de bonheur dans ma vie de localière. Le samedi après-midi, dernier jour du Festival, les stagiaires des ateliers de jazz donnent un concert gratuit sur la place du groupe scolaire. Les merveilleux platanes, qui filtrent le soleil, font un salon de verdure. Les stagiaires sont slovaques, américains, italiens. Les gens du crû ont disparu. Le festival de jazz, qui fait doubler la population et sonner les tiroirs-caisses, ne les intéresse pas, ou à peine. Ils râlent car ils ne peuvent plus se garer sur la place de l'école.
09 août 2005
Ma collection de panneaux "Ecole"
Une amie m'a filé, il y a longtemps, ce fétichisme. Photographier les différents pannaux "Ecole". Dans ma campagne, c'est un festival. On en trouve de toutes les époques. Années 30 (la DDE ne passe pas très souvent), années 50, années 70, contemporaines...Je n'ai jamais réussi à en caser une dans le journal. Ce genre d'obsession, c'est bien d'une Parisienne.
Superbe exemplaire des années...30? 40?
Le garçon porte des culottes courtes.
11 août 2005
Les auxiliaires de vie
Tout, plutôt que quitter son village...
J'ai fait aujourd'hui un article sur l'ouverture de la nouvelle permanence des aides à domicile, dans les locaux de l'ancienne poste. Il n'y a plus de poste dans ce village. Mais il y a de plus en plus de personnes âgées. Et donc, de plus en plus d'aides à domicile. Encore un sujet qui échappe pour l'instant à la grande presse, nationale ou pas. J'ai la grisante impression, et même la certitude, de voir naître, à la source, un futur "sujet de société".
J'ai vu s'ouvrir dans mon village, il y a quinze ans, la petite association qui gérait l'aide familiale en milieu rural. Cinq dames de la campagne, dont les enfants étaient grands, travaillaient quelques heures par-ci par- là pour soulager ponctuellement les familles nombreuses, les grabataires, les veuves isolées. La présidente (une bénévole catholique) faisait les dossiers et la compta chez elle. C'est toujours la même. Mais aujourd'hui, elle dirige (toujours bénévolement) une entreprise de vingt-cinq "auxiliaires de vie" salariées, sans compter les remplaçantes et les "volantes", un budget très important, des kilos de formulaires, des textes réglementaires de haut vol.
Que s'est-il passé? La bascule démographique, déjà bien visible à la campagne. Et l'effondrement des structures familiales campagnardes. De plus en plus de seniors qui vivent seuls, de plus en plus d'Alzeimer, de plus en plus de soins palliatifs, de fins de vie assistées, de maintiens à domicile...Mais surtout, il y a l'APA. Allocation personnalisée autonomie. Beaucoup de retraités à petits revenus dans le coin y ont droit.
Du coup, le paysage de l'emploi a complètement changé. Cette association doit bien être le premier employeur du village depuis l'incendie de l'entreprise qui conditionnait des oeufs frais. Les petites jeunes filles ne se donnent plus la peine de faire un BTS secrétariat, qui ne les mènera à rien. Elle font un bac pro ou un BTS nouveau genre, "services à la personne". On y apprend la gériatrie, comment retourner un grabataire dans son lit pour lui éviter des escarres, comment manipuler un lit médicalisé.
Dans la pratique, elles font le ménage et la cuisine, les courses, vident les pots, vérifient s'il reste assez de couches pour l'incontinence et si le médecin a bien renouvelé l' ordonnance. Elles font aussi beaucoup de "lien social". Souvent, elles parlent très fort car leurs employeurs sont très sourds. Le matin de 7 à 8, elles font "le lever" d'une personne. Puis le ménage et la cuisine d'une autre. Puis d'une autre l'aprés-midi. Et les courageuses "font les nuits" des Alzeimers ou des grands handicappés.
Elles ne s'en plaignent pas, au contraire. Ce qui leur importe: rester au village. Elles détestent toutes la ville. Elles n'ont jamais connu l'entreprise, la vie de bureau. Elles aiment la variété de ce boulot,qui les conduit chez des retraités aisés des résidence secondaires. Murs de pierres apparentes, écran plasma...Puis chez une veuve d'agriculteur, où, parfois, les poules perchent dans la cuisine. Souvent, c'est leur premier emploi, juste après l'école. Un décès parmi leurs employeurs, c'est triste, mais elle ont eu une formation à ce sujet. C'est surtout grave pour leur feuille de paie.
Dans cette corporation moderne des auxilliaires de vie, j'ai vu des choses assez tristes durant l'été. Ces tout petit boulots, tissés à coup de deux ou trois heures de ménages, sont très convoités. Chaque été, des remplaçantes arrivent, espérant être embauchées en septembre. Chaque année, elle sont déçues. Les jeunes filles du village ne lâchent pas le morceau. J'ai rencontré des mères de famille poussées au sud par le chômage, de Lorraine ou des Ardennes, qui attendaient les larmes aux yeux la fin du CDD. Etre auxilliaire de vie pouvait leur éviter l'enfer des ramassages de fruit ou de légumes, les patrons qui hurlent sur les gitans et les Marocains, leur malaise de piquer leur petit boulot à des lycéens qui ont l'âge de leurs enfants. La campagne n'est pas douce, bien au contraire, pour les réfugiés du chômage des villes.
Ce n'est que le début. Les lois Borloo vont encore accentuer l'importance des associations rurales dans le "service à la personne". La présidente a fait l'acquisition d'un logiciel pour les fiches de paie. Elle a embauché une bac +2 en RH. Le maire a été contacté par des gens de la ville pour un projet de maison de retraite privée sur sa commune. Il est d'accord. La vieillesse, c'est une mine d'emplois.
12 août 2005
Louis XI et le tango
Miss Photos Floues toujours à l'oeuvre, pour rester inconnue...
Je suis invitée à une soirée tango. Les locaux ne s'ennuient pas une seule seconde. Astronomie, géologie, bals, banquets, courses de côte, brocantes, et maintenant, tango. Ils se dépêchent de vivre avant l'hiver, j'ai l'impression.
Dans ce village que je connais à peine, je me perds dans les ruelles. Je découvre au passage un incroyable entrelas de venelles, de traboules, de pierres nues et crues. Il me manque une robe de bure de moinesse et une épée à la ceinture, et je suis dans un film. Comment les directeurs de production ont-ils laissé échapper cet authetique morceau de Moyen-âge, encore dans son jus ?
J'arrive finalement au lieu de la fête, un caveau encore plus moyen-âgeux, où je suis accueillie par une authentique Sud-Américaine. Arrivée dans la région en tant que réfugiée politique, elle y a introduit le tango et le bandonéon dans les maïs. Derrière le bar, un bénévole alter mondialiste. Évidemment. Tout s'explique. La réfugiée et les alter mondialistes se sont trouvés, et ont créé des week-ends de tango très courus.
Des couples venus parfois de très loin s'appliquent sur la piste. Et dzoum et dzim et dzoum. Au passage, ils évitent un hublot en verre, scellé dans le sol, pour ne pas glisser. Que vois-je, par le hublot? Une oubliette souterraine, une vraie, artistiquement éclairée. Il n'y a plus d'ossements au fond. Mais où sommes-nous? C'est tout simple. La ville faisait partie de l'héritage de Louis XI, l'inventeur de "la fillette", une cage taille fillette où les opposants au régime étaient enfermés le temps de bien réfléchir. Il n'a séjourné que brièvement ici, pour prendre possession de l'héritage de sa mère, qui lui avait légué ce bout de France, mais il a eu le temps d'imposer son style et ses goûts aux locaux. On danse le tango dans les geôles du bon roi Louis XI.
Le tango, Louis XI, les oubliettes, la réfugiée sud-américaine et l'alter mondialiste, les coiffeurs montés de Grenoble pour s'entraîner au pas glissé, les ruelles noires à retraverser pour retrouver ma voiture...J'ai un souvenir confus et étrange de cette soirée. C'était trop. Trop de tout. Baroque.
13 août 2005
L'enterrement de vie de garçon
Cette équipée sauvage au bord d'une petite route de montagne, est un enterrement de vie de garçons. J'ai eu le tuyau par un organisateur de randonnées en canyoning et j'ai décidé d'en faire une "photo légendée". J'appelle régulièrement les campings, les loueurs de kayaks , les gîtes, les offices de tourisme, à la recherche de petite histoires comme celles-ci, pour remplir mes pages. Je suis en maillot de bain, assise sur les galets de la rivière, au soleil, et je passe mes coups de fils. C'est une vie de bureau extraordinaire.
Donc, j'ai cherché à en savoir plus: un enterrement de vie de garçon me changerait des brocantes. Un groupe de douze garçons a réservé un week-end de canyoning, avec bivouac et guide. Le guide m'assure avoir de plus en plus fréquemment ce genre de requêtes. L'enterrement de vie de garçon ou de jeune fille est un "segment" touristique en pleine expansion. C'est donc un bon sujet, et une occasion de mettre en valeur la région.
Le jour dit, je suis arrivée au lieu du rendez-vous, vraiment très loin dans des gorges.Les enterreurs de vie de garçons étaient tous très jeunes. La fiancée enterrait de son côté sa vie de jeune fille par une journée beauté au hammam, avec ses copines. Eux avaient commencé les réjouissances deux jours auparavant, entre mecs, et voulaient les conclure dans la nature, à la dure. Le mariage avait lieu une semaine plus tard.
Je crois qu'ils ont souffert. J'ai assisté à leur harnachement, avec combinaison, cordes, poulies. Quand ils ont appris qu'il fallait deux heures de marche pour trouver assez d'eau, ils riaient moins.
Vous ne les verrez que de dos, même si ce n'est pas très flatteur pour eux, avec leur combinaison flottant au vent. Le portrait de face -douze gars en rang d'oignon et slips de bain - était très réussi, mais ils sont ingénieurs, ils bossent sur des satellites ou des nanotechnologies... J'ai appris à me méfier des publications sans autorisation.
J'ai donc fait cent kilomètres pour cette photo. Pour rien. Après mûre réflexion, le journal a décrété que c'était trop commercial, car le nom de la société de canyoning était cité. On ne voit pas les choses de la même manière. Je suis persuadée que "Un nouveau produit touristique: l'enterrement de vie de garçon" est un très bon sujet.





