festival_anonyme

La plus ratée des photos ratées pour couvrir mes traces

Mon secteur comporte un festival de jazz assez important, qui perdure  depuis longtemps. Et soudain, tout change! Fini, les camping-cars et les vélo-touristes. Débarquent des festivalières élégantes, des immatriculations 75, des Belges, des cheveux longs, des piercings. 3000 spectateurs par concert. Plus moyen de se garer.

La presse locale passe en cinquième Des photographes professionnels déboulent. Je reçois une accréditation et un badge presse,  sur un beau ruban bleu. J'ai le privilège d'accéder au "carré VIP et presse", sous une grande tente blanche, à gauche de la scène. Le mousseux y coule à flots, gratuitement (le producteur est le sponsor du festival). Là, je rigole quand même un peu. Sur une estrade, une batterie d'ordinateurs à connexion haut-débit où s'affairent les correspondant du grand journal régional. On se dirait dans le carré presse des Jeux Olympiques ou d'une séance plénière de l'ONU. Manque le camion satellite. Faut pas pousser.

Blague à part, grâce au badge presse, j'ai profité de sept concerts de haut niveau, j'ai pris une année d'avance sur les tendances du jazz, du blues, brésilien ou d'Europe de l'Est. Au prix d'on ne sait combien de sueur bénévole et d'accrochages avec les élus locaux, la vaillante organisatrice du Festival a réussi a imposer qualité et écclectisme dans une zone très agricole et réfractaires. C'est le sens du vrai courage

La fête a été un peu gâchée par la coquille (toujours pas de ma faute) qui s'est glissée dans l'interview du vice-président du festival. Manque de bol, c'était dans le paragraphe le plus délicat, celui concernant le déficit du festival. Depuis, il ne répond plus à mes mails.

mon_prof_de_jazz

J'ai fait de belles rencontres. Par exemple celle de Christian (photo), photographe spécialisé de concerts, bibliothèque vivante, qui a fait mon éducation jazz dans la salle de presse, autour des gobelets de mousseux. Des chorus-girls d'un groupe d'Afrique du Sud l'ont pris pour le père Noël et l'ont abondamment photographié. Et auss: l'universitaire fou de jazz qui a donné des conférences sur l'histoire du jazz dans le caveau d'un restaurant. La femme du producteur du documentaire tourné en live sur le festival. Le bénévole à l'entrée du carré VIP.

Après le festival, j'ai connu un moment de flottement. Soudain, les fêtes du melon n'avait plus de goût pour la localière.