le_grand_virage_de_l__glise

Le départ

Toujours en remplacement de ma collègue en congé, je couvre aujourd'hui la course de caisse à savons, un grand classique d'été.  La ville convient bien à la course car elle offre une côte vertigineuse avec des virages, qui part de l'église et s'achève à la porte des remparts.La caisse à savons, une planche et quatre roulettes, s'est beaucoup sophistiquée depuis la première édition. Les familles passent des heures à construire des bolides en forme de tout (matelas, avion, camion boucherie Sanzot, engin spatial).

Les pères ne résistent pas aux petites voitures: la course est donc aussi ouverte aux adultes, et les temps sont classés selon un barème très compliqué d'âge du conducteur. Trente concurrents sont au départ. Dans les virages, les sorties de route contre les bottes de paille sont nombreuses. Même pas mal.

arriv_e_course L'arrivée de la course

C'est une jolie course familiale qui occupe toute l'après-midi car les concurrents font plusieurs descentes pour améliorer leurs temps et leur classement. Aux commentaires des spectateurs, derrière les bottes de paille, je comprends vite qu'il y a un lézard. En gros, la course est truquée. Les concurrents ne trichent pas, mais depuis plusieurs années, les podiums sont monopolisés par une seule et même famille. Aujourd'hui encore, le père, son fils de quinze ans, son oncle, sont les mieux placés. Ils rafleront toutes les coupes et toutes les bouteilles de mousseux.

podium Le podium

Les gens en ont marre. Comment font-ils pour être toujours les plus rapides, les meilleurs? C'est simple: le père est le garagiste du village. Toute l'année, les loisirs de la tribu sont consacrés à l'amélioration des prototypes et à l'entrainement intensif sur toutes les côtes du canton. J'ai touché un mot de cette injustice dans mon compte-rendu.