le_marathon_bouliste

Georgette, la correspondante locale de la commune d'à côté, m'appelle. Elle est "de mariage" ce week-end, et ne peut pas couvrir le marathon bouliste, une affaire très sérieuse dans la région. Je me chargerai donc de la photo et de l'articulet à sa place.

Ca commence mal: avec le président de l'association, je confonds boules (lyonnaises) et pétanque. Malheur! "Vous mériteriez d'être licenciée...". "La boule" est une chapelle à part et très susceptible, au pays de la pétanque. Le marathon bouliste consiste à jouer en équipes douze heures d'affilée, sous le cagnard. Nous sommes en pleine cannicule. Trente équipes s'affrontent, venues en car de tout le grand Est.

A midi, je fais une première visite et série de photos, pour les discours du maire et des présidents de fédérations boulistes. Les sponsors sont une marque de voiture et une marque d'anisette. Dans le jardin communal requisitionné comme salon d'honneur, le représentant de la marque d'anisette a décoré d'une rangée de bouteilles le toit de la voiture d'exposition du sponsor automobile. La chaleur est affolante, et les rangées de bouteilles disparaissent à toute vitesse. On boit depuis 9h du matin. Comment font-ils?

Je suis revenue à 21 h, pour la remise des coupes.Il faisait toujours aussi chaud. En sortant de la voiture (climatisée), sur la place de la poste, j'ai reniflé. Vous me croirez ou non, mais sur le village entier flottait un parfum d'anisette, alors que les terrains de boules sont au moins à deux cent mètres de la poste!Bon, d'accord, il faisait tellement chaud que la moindre trace d'humidité, meme alcoolisée, se répand très vite, mais quand même. En descendant vers le terrain de boules, je me suis demandée combien d'arrêts cardiaques, de congestions, d'insolations, et de comas ethyliques j'allais devoir annoncer. Mais non. Ravis de leur marathon, les boulistes étaient tous là, tous debouts. J'ai pris la photo de l'équipe gagnante, des "étrangers" d'une autre commune, à trente kilomètres de chez nous. Que vous ne verrez bien sûr pas, après tout ce que j'ai dit.